TES KILOS TE PARLENT

les kilos portent des messages, des émotions, des secrets, des blocages, des peurs

Vous avez déjà remarqué ? Ces kilos, on les aime, on les déteste, on les cache, on les surveille. On en parle comme d’un problème à résoudre, rarement comme d’un message à écouter. Et pourtant… si le corps ne faisait jamais rien “contre” nous, mais toujours “pour” nous ? Si nos kilos avaient quelque chose à nous dire ?

Cet article n’est pas un régime miracle. C’est une invitation à comprendre le lien subtil entre votre poids, vos émotions, la mémoire de votre corps et l’histoire de votre famille.

Mon travail est basé sur des recherches en neurosciences, l’étude du décodage biologique et de la psychogénéalogie, mon expérience de kinésiologue et beaaaaaaucoup de lectures.

Face à un stress chronique, notre cerveau active des circuits de survie plutôt que de plaisir. Et quand le danger (réel ou perçu) s’installe, le corps cherche à se protéger aussi bien biologiquement, qu’émotionnellement et symboliquement. C’est ici que certains prennent… du poids.
Pas pour “gâcher la silhouette”, mais parce que le corps crée une armure. Une couche protectrice entre soi et le monde.

Le cortisol, hormone sécrétée en excès face à trop de stress, augmente l’appétit et favorise le stockage des graisses, notamment au niveau abdominal.
Mais au-delà des hormones, il y a le sens : dans le langage du corps, prendre du poids, c’est parfois dire :

“Laissez-moi tranquille.”
“J’ai besoin de me sentir en sécurité.”
“Je ne veux plus être blessé(e).”

Le décodage biologique parle ici d’une “protection du territoire”. Le corps met de la matière là où il a eu peur, où il s’est senti vulnérable. Le poids devient un bouclier émotionnel, une façon de ne plus être atteint par le regard, la critique, ou gestes. Le corps cherche à se protéger de ce qui l’a aGRAISSé, verbalement ou physiquement.

Alors, avant de maudire ce ventre ou ces cuisses qui s’arrondissent, on peut simplement se demander :

“Qu’est-ce que j’ai besoin de protéger dans cette zone ?”

2. Le poids pour combler le vide

Il y a des silences qui pèsent, et des manques qui se mangent.
Dans les moments de solitude, d’ennui, d’émotion forte, le cerveau cherche à réactiver le circuit du réconfort. Ce petit réseau neuronal qui relie le plaisir, la dopamine et la sécurité.

Manger, surtout des aliments sucrés ou gras, déclenche une libération d’endorphines. On se sent temporairement mieux, apaisé(e), “rempli(e)”.
C’est ce qu’on appelle l’alimentation émotionnelle : manger pour calmer une émotion et un besoin mais pas réellement à la faim.

Dans une lecture plus symbolique, ce vide exprimé par l’estomac est aussi un vide du cœur, de relations, et de lien à soi.

“Je remplis ce qui a été vidé.”
“Je compense ce que je n’ai pas reçu.”
Ensuite, vient le vrai travail : apprendre à nourrir autrement. Non plus pour combler, mais pour se relier.

3. Le poids pour se donner l’amour qu’on n’a pas reçu

Ah, ce fameux sucre ! L’aliment du câlin, du réconfort, du “je mérite bien ça”.
Les neurosciences confirment que le sucre stimule les mêmes zones cérébrales que l’amour ou la reconnaissance et nous fait sécréter les hormones du bonheur, du plaisir et de l’amour. Le sucre “imite” l’amour. Le gras “imite” la chaleur.Et quand ces émotions manquent, le corps cherche leur équivalent chimique.

Emotionnellement, la prise de poids peut alors représenter un besoin d’amour matérialisé : “je me donne ce que je n’ai pas reçu.”

Le décodage biologique le traduit ainsi :

“Je crée du volume pour ressentir la présence.”
“Je m’enrobe pour ne plus me sentir seul(e).”

Chaque kilo devient alors une tentative, parfois maladroite mais toujours sincère, de réparer un manque affectif.

4. Le poids de tout ce que je contiens, nie ou n’exprime pas

Vous savez ce que fait un corps quand on ne pleure pas ? Il garde.
Quand on ne dit rien, il stocke.
Quand on ravale, il transforme.

Les émotions non exprimées ne disparaissent pas : elles se déplacent et s’installent.
La psychologue Candace Pert, pionnière en psychoneuroimmunologie, a montré que les émotions s’impriment dans les tissus par le biais des neuropeptides — ces “molécules de l’émotion” qui circulent entre le cerveau et le corps.

Ainsi, ce que nous refoulons émotionnellement peut littéralement peser sur notre organisme.
C’est le “poids intérieur” : celui des non-dits, des colères tues, des tristesses silencieuses.

Le corps devient alors un coffre-fort, et la graisse, une mémoire de ce que nous n’avons pas su exprimer.

“Ce poids, c’est tout ce que j’ai contenu.”
“Ce ventre, c’est ma colère muette.”

Et parfois, ce que l’on prend pour un problème de volonté est en réalité une histoire d’émotions retenues.

5. Le poids pour être vu, reconnu, pour prendre sa place

Certaines personnes disent : “Depuis que j’ai pris du poids, on ne voit que ça.” Et si ce n’était pas un hasard ?

Sur le plan symbolique, le poids peut être un moyen inconscient de prendre de la place dans le monde.
Quand on a été effacé, oublié, invisibilisé, le corps peut décider de s’imposer, et il crie “Vous allez bien finir par me voir !”

Le décodage biologique évoque ici la notion de “besoin d’existence visible” : le corps devient une bannière.
Chaque kilo est une affirmation silencieuse :

“J’existe.”
“Je ne veux plus être transparent(e).”
“Je prends enfin ma place.”

Avant d’apprendre à “perdre du poids”, peut-être faut-il apprendre à gagner en place intérieure : à oser s’affirmer, à exister autrement que par le corps.

6. Le poids comme héritage transgénérationnel

Le poids, parfois, ne commence pas avec nous.
Des études en épigénétique ont montré que certains stress vécus par nos parents ou grands-parents modifient l’expression de nos gènes, notamment ceux liés au métabolisme ou à la gestion du stress (Université de Genève 2016).

Autrement dit, on peut hériter d’une mémoire corporelle du manque ou de la peur.
Si nos ancêtres ont connu la guerre, la famine, la privation, notre corps peut avoir intégré : “il faut stocker pour survivre.”

Dans le décodage biologique, cela se traduit par :

“Je garde au cas où.”
“Je me charge pour ne pas manquer.”

Et dans la lecture transgénérationnelle :

“Je porte le poids de mon histoire familiale.”

Parfois, par loyauté familiale inconsciente “je fais comme ma mère”, “je reste fidèle à ma lignée”, “je garde le poids qu’ils ont porté”.

Ce poids-là ne se perd pas en salle de sport. Il se libère quand on honore ce qu’on porte, et qu’on remet à chacun son histoire.

7. Le poids du deuil non fait, des émotions tues ou refoulées

Le deuil, c’est ce que le cœur ne peut pas digérer, oublier et laisser partir.
Et parfois, le corps tente de le faire à sa place.

Des études en psychologie du deuil montrent que les émotions non traitées (culpabilité, tristesse, colère, nostalgie) sont associées à des comportements alimentaires compulsifs ou à des modifications métaboliques (Université de Harvard, 2018).

Symboliquement, la prise de poids peut devenir une façon de retenir ce qui n’a pas pu être dit ou laissé partir.

“Je garde, car je ne suis pas prêt(e) à lâcher.”
“Je garde, car j’ai peur d’oublier.”

Dans le langage du corps, c’est un poids de mémoire.
Un amour non digéré.
Une perte encore trop vive.

Et parfois, quand le cœur se remet à pleurer, le corps se remet à respirer.

8. Perte de poids : quand le corps s’efface au sens propre

On parle souvent des kilos qui s’accrochent, rarement de ceux qui s’envolent.
Et pourtant, derrière une perte de poids marquée, surtout quand elle n’est pas choisie, ou qu’elle devient obsessionnelle, se cache parfois une autre forme de langage du corps : celle de l’effacement.

Perdre du poids, c’est parfois comme vouloir disparaître du monde, comme si on n’y méritait pas sa place.
C’est se faire plus petit, plus discret, plus léger… dans l’espoir de ne plus déranger, de ne plus sentir le poids du regard, du rejet, ou même de la vie elle-même.
Sur le plan biologique, les neurosciences montrent que le cortisol peut dérégler le métabolisme, accélérer la fonte musculaire et perturber la faim (Sapolsky, Why Zebras Don’t Get Ulcers, 2004).
Sur le plan émotionnel, c’est souvent le manque qui prend la place de la nourriture : manque d’amour, de sécurité, de reconnaissance.

Le corps se vide quand l’âme a trop porté. Il s’efface quand l’esprit voudrait ne plus être visible, quand la charge est si lourde qu’il ne reste plus d’énergie pour « contenir ».
La perte de « trop » de poids peut être une tentative inconsciente de se libérer d’un fardeau, ou de redevenir invisible après une expérience où la présence a été jugée trop envahissante, trop « de trop ».

Dans ce sens, maigrir n’est pas toujours synonyme de liberté : cela peut être une forme de fuite, un effacement pour éviter de sentir, d’être vu, ou de prendre sa place.
C’est un peu comme si le corps disait :

« Puisque je ne trouve plus ma place dans ce monde, je vais en occuper un peu moins. »

Et parfois, c’est encore plus symbolique : le corps se vide pour laisser passer le deuil.
Quand on perd quelqu’un, ou quelque chose d’essentiel (une relation, un rêve, une illusion), la perte physique peut faire écho à cette perte intérieure. Le corps met en acte ce que le cœur n’arrive pas encore à nommer.

Mais attention, ce n’est jamais une fatalité.
Là où il y a perte, il y a aussi appel : celui de reprendre vie, de reprendre chair, au sens le plus noble.
Car se « remplir », ce n’est pas seulement manger davantage c’est se nourrir autrement : d’amour, de présence, de joie, de mouvement, de liens humains, d’un rythme de vie qui apaise.

Le corps ne demande pas qu’on le surveille : il demande qu’on l’écoute. Il ne cherche pas à nous punir : il tente de nous parler, à sa manière.
Et parfois, il nous murmure doucement :

« Reviens. J’ai besoin que tu sois là. »

Alors, si vous traversez une période où votre corps s’amincit, demandez-vous avec tendresse :
« Où suis-je en train de m’effacer dans ma vie ? »
« Quelle place ai-je peur de reprendre ? »
« Qu’est-ce que j’ai perdu et que je n’ai pas encore pleuré ? »

« Qui est décédé ? s’il ne vit pas, je ne mérite pas d’exister non plus »


Vous pouvez réapprendre à exister, à vous sentir pleine de vous-même, sans excès, sans vide, juste à votre juste place.
Et cette fois, ce ne sera plus pour disparaître… mais pour rayonner sans vous dissoudre.

Loin d’être opposées, la science et la lecture symbolique du corps racontent la même histoire, avec des mots différents.
Les neurosciences parlent de circuits émotionnels, de dopamine, de cortisol. Le décodage biologique parle de protection, de compensation, de mémoire. Dans les deux cas, le corps agit pour nous.
Il cherche à équilibrer ce que nous n’arrivons pas (encore) à réguler autrement.

Alors oui, il y a une dimension biologique : sommeil, alimentation, stress, activité physique, hormones.
Mais il y a aussi une dimension émotionnelle: le sens, le lien, le vécu.

Les kilos deviennent alors des messagers bienveillants : ils nous parlent de nos besoins non entendus.

1- Les observer sans juger

Plutôt que “je veux les perdre”, essayez “je veux les comprendre”.
Le regard change tout. Le corps se détend quand il n’est plus en guerre.

2- Identifier les moments de déclenchement

Quand mangez-vous sans faim ? Après quel type de journée ? Avec quelles émotions ?
Les repérer, c’est déjà commencer à les apaiser.

3- Parler à votre corps comme à un allié

“Merci de m’avoir protégé.”
“Je n’ai plus besoin de cette armure.”
Oui, ça peut sembler étrange… mais le cerveau adore les phrases bienveillantes.

4- Explorer l’histoire familiale

Y a-t-il eu des manques, des pertes, des famines, des secrets autour de la nourriture ?
Parfois, libérer le poids commence par raconter ce qui n’a jamais été dit.

5- Trouver d’autres nourritures

Celle du cœur, de l’art, du lien, du repos, du rire.

Vos kilos ne sont pas vos ennemis. Ils sont des phrases que votre corps prononce depuis longtemps, parfois dans une langue que vous aviez oubliée.

Chaque kilo raconte peut-être une peur, un besoin, un amour, une histoire familiale, un deuil, une émotion tue.
Et si, au lieu de vouloir les faire taire, vous commenciez à les écouter ?

Le chemin du poids juste n’est pas celui de la lutte, mais celui de la réconciliation avec soi.
Quand on guérit la relation au corps, on guérit un peu de sa relation au monde extérieur.

Alors, avant le prochain craquage, prenez un instant.
Fermez les yeux, posez la main sur votre ventre, et demandez-lui :

“Dis-moi, de quoi tu veux me parler ?”

Il se pourrait que, pour la première fois, vous entendiez la réponse.

Marine Beausoleil – kinésiologue & psychogénéalogiste (77 & 91)

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