TA NAISSANCE TON HISTOIRE

La façon dont nous venons au monde engramme en nous des émotions et des croyances qui influencent notre comportement, nos mécanismes et notre rapport à la vie.

Prendre conscience du contexte de notre naissance c’est comprendre l’origine de certains blocages et décider d’aller au-delà. C’est ne plus être contrôlé par nos peurs et nos angoisses. C’est défaire des croyances limitantes. C’est s’autoriser à vivre pleinement et sereinement.

La naissance ce n’est pas seulement le moment ou bébé sort du ventre, ce n’est pas que l’accouchement en lui-même, c’est tout le contexte et l’environnement autour de l’arrivée de bébé. Le début du travail fait partie de la naissance, les suites de couche aussi. Tous les facteurs de stress ou de contrariété (qu’ils soient en lien avec l’arrivée du bébé ou pas du tout), sont des éléments susceptibles de venir perturber la venue au monde de bébé.

Mais aujourd’hui nous nous pencherons surtout sur les différents « types » de naissances, et la façon dont bébé peut les vivre. Cette liste n’est pas exhaustive, et bien entendu il n’y a pas de règle automatique cause/effet.

 Chaque naissance est rendue unique par l’expérience que la mère et le nourrisson en font. Leurs perceptions de l’évènement peuvent d’ailleurs différer :

  • Parfois « tout se passe bien » médicalement parlant mais bébé sent (et éponge) les angoisses de sa maman, comme si c’était les siennes.
  • Parfois la médicalisation de l’accouchement (césarienne programmée, déclenchement, version etc…) rassure maman qui aborde l’évènement sereinement, alors que bébé lui le vit comme un déchirement avec beaucoup plus d’angoisse.

-> Ce qu’il se passe : La naissance physiologique est celle où le corps de maman et celui de bébé se synchronisent naturellement. Les contractions s’amorcent au moment juste, bébé participe activement à sa venue au monde : il tourne, s’engage, pousse, respire.
L’ocytocine et l’adrénaline s’équilibrent naturellement, créant un pic d’énergie et d’amour au moment de la rencontre.Sur le plan neurologique, cette naissance active la maturation du système nerveux autonome : le bébé apprend à réguler stress et apaisement, à passer de la tension à la détente. C’est une première victoire corporelle : il a traversé la difficulté et rencontré la sécurité.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé vit cette expérience comme intense mais cohérente. Chaque contraction est perçue comme un signal clair : “quelque chose change, je suis prêt à y aller.”
Il ressent la chaleur, la pression, la descente, puis la lumière et la voix familière de sa mère.
Il sait instinctivement que le monde extérieur est une continuité du ventre : il n’est pas arraché, il passe.L’émotion dominante est un mélange de curiosité, d’effort et de confiance.
Le système limbique encode une mémoire de sécurité : “la vie peut être exigeante, mais elle me soutient.”

-> Empreinte émotionnelle possible : Quand la naissance se déroule de manière fluide, elle installe dans le corps un modèle de réussite naturelle. L’enfant grandit avec un bon rapport à l’effort, à la nouveauté et à l’autonomie.

 Chez l’enfant :

  • Curiosité, calme, bon tonus
  • Capacité à se réguler seul
  • Bon sommeil, digestion équilibrée
  • Sensation de sécurité physique et émotionnelle

Chez l’adulte :

  • Confiance en la vie et en les autres
  • Capacité d’adaptation (changement de situation, bouger, évoluer)
  • Sentiment de compétence et légitimité
  • Bonne tolérance et gestion du stress

Cette empreinte devient un socle intérieur sur lequel s’appuyer toute la vie !

-> Ce qu’il se passe : La césarienne d’urgence survient lorsqu’une complication impose d’extraire bébé rapidement. Du point de vue médical, elle sauve des vies. Mais du point de vue sensoriel et émotionnel, c’est une rupture soudaine : bébé est sorti sans avoir initié son propre mouvement de naissance, souvent dans la lumière vive, le froid et le bruit. Cette expérience laisse parfois dans le corps la trace d’un choc : une activation intense du système nerveux sans possibilité d’intégration. Le corps de bébé n’a pas “fini son trajet”.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé peut ressentir une peur intense (sensation de danger soudain, sans compréhension), une confusion (le monde change brutalement), parfois une sidération (impossibilité de bouger ou de réagir). Il n’a pas eu le temps d’activer la séquence naturelle d’effort -> libération -> accueil.
Sur le plan émotionnel, cela peut s’imprimer comme : “Quelque chose m’arrive, je ne comprends pas pourquoi.”, “Je ne contrôle rien.”, “Je dois être vigilant pour survivre.”

-> Empreinte émotionnelle possible : Cette mémoire corporelle peut influencer la relation au changement, au danger, à la confiance.

 Chez l’enfant :

  • Hypersensibilité au bruit, à la lumière ou aux transitions.
  • Peur du changement, besoin de contrôle, difficulté d’adaptation.
  • Colères soudaines, difficultés à s’endormir seul.
  • Manque de confiance en soit.

Chez l’adulte :

  • Difficulté à “lâcher prise”.
  • Tendance à l’hypervigilance, au besoin de tout anticiper.
  • Sensation d’avoir besoin d’aide extérieure pour “sortir” d’une situation difficile.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Cette même empreinte peut devenir une force : une grande réactivité, une capacité à agir vite, à sauver des situations complexes.Ton nouveau mantra : “Je vais jusqu’au bout de mes élans, je suis soutenue et en sécurité.”

-> Ce qu’il se passe : La césarienne dite « simple » se produit lorsqu’une intervention devient nécessaire au cours de l’accouchement, sans urgence vitale. Souvent, le travail a commencé : bébé a perçu les contractions, peut-être s’est-il engagé dans le bassin, avant que tout s’interrompe et que la naissance se poursuive autrement. D’un point de vue médical, tout se déroule dans le calme ; mais du point de vue sensoriel, cette naissance mêle deux expériences opposées : un début physiologique, puis une sortie assistée, sans que bébé ait terminé son propre mouvement. Cette interruption peut laisser dans le corps l’empreinte : « j’étais en chemin, et quelque chose ou quelqu’un a pris le relais à ma place. »

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé vit un mélange de confusion et de soulagement. Il ressent la montée de l’effort, le rythme des contractions, puis soudain… tout s’arrête. Le mouvement intérieur qu’il avait engagé n’aboutit pas et un autre fait le reste. Il peut alors enregistrer une sensation de « Je ne vais pas au bout de mes élans. » ou « Quelqu’un termine pour moi. », mais il peut aussi ressentir une forme de relâchement : « on m’a aidé, je ne suis pas seule. »

-> Empreinte émotionnelle possible : Cette mémoire peut se traduire plus tard par le mélange entre l’inachèvement et le besoin de soutient extérieur.

 Chez l’enfant :

  • Difficulté à finir ce qu’il commence, besoin d’aide pour conclure.
  • Dépendance affective légère, recherche du soutien de l’adulte.
  • Capacité d’adaptation forte, sensibilité à la coopération.

Chez l’adulte :

  • Parfois le sentiment d’être stoppée dans son élan au moment d’agir.
  • Tendance à se tourner vers les autres pour “valider” ses choix.
  • Difficulté à faire confiance à son propre rythme, peur de ne pas savoir faire seule.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Cette même empreinte peut devenir une force : une grande capacité à accepter l’aide, à travailler en équipe, à harmoniser les contraires. Ton nouveau mantra :  “Je vais jusqu’au bout de mes élans, je suis soutenue et libre.”

-> Ce qu’il se passe : La césarienne programmée est planifiée à l’avance : la date est fixée, la naissance se déroule dans le calme, souvent sans contractions ni signal du corps. Sur le plan médical, tout est maîtrisé. Mais du point de vue du bébé, c’est une entrée dans le monde sans appel intérieur. Le corps n’a pas envoyé le message “c’est le moment”. Il n’y a pas eu de séquence hormonale naturelle ni de préparation sensorielle progressive. Le bébé passe du calme du ventre à la lumière de l’extérieur sans transition, sans avoir choisi, sans être préparé.

-> Le vécu émotionnel du bébé : L’expérience peut être vécue comme douce mais surprenante. Il n’y a pas de peur intense, mais une impression d’être “sortie avant d’avoir décidé”. Le système nerveux peut garder une trace de désorientation : “Je n’étais pas prête.” ou “Quelqu’un d’autre décide pour moi ».

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Besoin de repères forts, de structure.
  • Difficulté à s’ajuster à la spontanéité, recherche de cadre.
  • Sensibilité à la surprise ou au changement soudain.

Chez l’adulte :

  • Sentiment de “ne pas avoir choisi” certains événements de sa vie.
  • Difficulté à initier le mouvement (attente d’un signal extérieur).
  • Besoin de contrôle pour se rassurer.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Ce type de naissance peut aussi installer une grande adaptabilité : capacité à accueillir ce qui vient, à s’ajuster rapidement à l’imprévu. Ton nouveau mantra : “Je choisis de naître à ma manière, en confiance.”

-> Ce qu’il se passe : Le déclenchement artificiel intervient lorsque la naissance est provoquée avant que le corps ou le bébé n’aient amorcé spontanément le travail. C’est souvent une décision médicale liée à une précaution (terme dépassé, santé du bébé ou de la mère). Mais pour le système sensoriel et émotionnel du bébé, cela peut être perçu comme une rupture du rythme naturel : le corps ne donnait pas encore le signal, et pourtant le mouvement commence. Dans cette situation, le bébé peut ressentir une pression externe : le monde extérieur décide qu’il est temps, alors qu’à l’intérieur, il ne s’y sentait peut-être pas encore tout à fait prête.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le déclenchement crée souvent une empreinte de précipitation ou de contrainte : “Je n’étais pas prête.” ou “On me pousse à y aller.”. Sur le plan neuro-émotionnel, cela peut laisser une trace de vigilance permanente : un réflexe à surveiller si l’extérieur ne va pas imposer un rythme trop rapide.

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Pression à bien faire, peur d’être “en retard”.
  • Difficulté à écouter ses besoins internes.
  • Grande réactivité, vivacité d’esprit, parfois impatience.

Chez l’adulte :

  • Tendance à se sentir poussée ou pressée, à devoir “suivre le rythme” des autres.
  • Difficulté à respecter son propre timing intérieur, son cycle, son repos.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Cette expérience peut aussi éveiller une capacité d’adaptation hors du commun : celle de se mobiliser rapidement, même dans l’imprévu. Ton nouveau mantra : “Mon temps est juste, je choisis le moment.”

-> Ce qu’il se passe : Le cordon autour du cou est une situation fréquente et, la plupart du temps, sans danger.
Mais sur le plan symbolique et sensoriel, elle est puissante : le bébé ressent parfois une tension autour du cou ou une légère entrave au moment du passage. Il peut percevoir une contrainte : “je veux avancer, mais quelque chose me retient.” Même si cette tension n’a pas été douloureuse, elle laisse souvent une empreinte corporelle liée à la respiration et la liberté d’expression.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé peut enregistrer un message sensoriel profond : “Je ne peux pas bouger librement.”, “Si je vais trop vite, je manque d’air.”, “Il faut que je fasse attention.”

Sur le plan du système nerveux, cela peut induire une mémoire de vigilance respiratoire, la gorge plus sensible, la parole timide ou retenue.

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Besoin de liberté mais peur d’être “étouffée” ou trop dépendante.
  • Difficulté à exprimer ce qu’elle ressent.
  • Tendance à se bloquer lorsqu’elle doit se montrer ou parler en public.

Chez l’adulte :

  • Sensation d’oppression dans certaines situations, comme si “quelque chose l’empêchait d’avancer”.
  • Peur de la dépendance ou de la fusion, alternance entre besoin de lien et besoin d’air.
  • Parfois une gêne physique récurrente au niveau du cou, de la respiration, ou de la voix.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Cette naissance donne aussi une conscience du lien : le cordon symbolise la connexion à la vie, à la mère, à la source. Il rappelle que même dans la contrainte, le lien nourrit.Ton nouveau mantra : “Je respire librement, même dans le lien.”

-> Ce qu’il se passe : La naissance prématurée survient avant que le corps du bébé ne soit totalement prêt pour la vie extérieure. Sur le plan médical, elle nécessite souvent des soins intensifs et des séparations.
Pour le bébé, c’est un arrachement à la sécurité du ventre : il n’a pas terminé son développement sensoriel et émotionnel.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé prématuré peut ressentir de la peur et de la vulnérabilité, une confusion face à un environnement froid et bruyant, une perte du cocon protecteur. Son système nerveux reste en alerte, car le monde extérieur n’est pas encore totalement sécurisant.

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Hypersensibilité aux stimulations (bruit, lumière, toucher).
  • Besoin de sécurité et de repères constants.
  • Parfois anxiété ou timidité.

Chez l’adulte :

  • Tendance à l’hypervigilance, peur du danger.
  • Besoin de contrôle et de structuration.
  • Capacité remarquable à s’adapter aux situations nouvelles.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Ton nouveau mantra : “Je suis complète et en sécurité.”

-> Ce qu’il se passe : Les naissances instrumentales interviennent lorsque le bébé a besoin d’aide pour sortir. Les forceps ou la ventouse exercent une pression physique externe : traction et guidage. Le corps du bébé ressent alors une force extérieure qui dirige sa sortie, parfois brusquement.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé peut ressentir une pression ou une sensation d’être tiré, arraché, poussé, un mélange de peur et de soulagement, et une impression que la sortie est imposée plutôt que choisie.

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Besoin d’aide mais peur de la contrainte,
  • Sensibilité à la pression ou à l’autorité,
  • Capacité d’adaptation rapide aux situations difficiles.

Chez l’adulte :

  • Tendance à ressentir les contraintes comme oppressantes,
  • Besoin de contrôler ou de résister à la pression extérieure,

-> Aller au-delà de cette empreinte : Cette expérience peut aussi révéler une force et résilience face aux situations urgentes ou complexes. Ton nouveau mantra : “Je suis guidée, je suis libre.”

-> Ce qu’il se passe : La naissance en siège survient lorsque le bébé se présente les pieds ou les fesses en premier. Elle est souvent considérée comme plus délicate, parfois accompagnée d’interventions médicales.
Pour le bébé, cela représente une entrée dans le monde différente de la norme : une sortie inversée, inhabituelle, parfois plus lente ou surveillée.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Le bébé peut ressentir de la surprise face à la position et aux forces exercées, une impression d’être différent, “hors norme”. Cette expérience peut créer une mémoire de différence, de vigilance et de sensibilité accrue.

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Sensibilité à la comparaison, besoin d’être reconnu.
  • Capacité d’adaptation et de flexibilité.
  • Parfois un sentiment de “différence” à surmonter.

Chez l’adulte :

  • Sensibilité aux jugements extérieurs, besoin de légitimité.
  • Tendance à se comparer ou à chercher sa juste place.

-> Aller au-delà de cette empreinte : Cette expérience peut aussi révéler une force de résilience et autonomie. Ton nouveau mantra : “Je suis en sécurité, unique et précieuse .”

-> Ce qu’il se passe : La version manuelle est une intervention qui consiste à aider le bébé à se retourner avant l’accouchement, souvent lorsqu’il se présente en siège. C’est un geste doux, mais externe : une main extérieure guide, invite, oriente. Pour le bébé, ce contact peut être perçu comme une pression étrangère sur son corps, une injonction à changer de position alors qu’il se sentait bien comme il était.

-> Le vécu émotionnel du bébé : Même si tout se déroule sans douleur, cela laisse une empreinte symbolique : “On m’a dit comment me placer” ou “Ma direction n’était pas la bonne”.  Le bébé peut ressentir de la surprise, de la confusion voire une intrusion. Cela peut créer une mémoire de perte de repère ou de méfiance.

-> Empreinte émotionnelle possible :

 Chez l’enfant :

  • Recherche du bon positionnement : besoin que l’adulte valide qu’elle “fait bien”.
  • Difficulté à faire confiance à son instinct.

Chez l’adulte :

  • Tendance à remettre en question ses choix, peur de se tromper.
  • Difficulté à écouter sa voie intérieur (intuition, décisions spontanées).

-> Aller au-delà de cette empreinte : C ette expérience apporte aussi une grande souplesse intérieure, une capacité à s’adapter, à “changer de direction” sans s’effondrer. Ton nouveau mantra : “Je me laisse guider sans me perdre.”

Chaque expérience de naissance, même difficile ou surprenante, peut devenir une source de force, d’adaptabilité et de conscience. Vous avez as la capacité de créer un nouveau récit pour vous-même, où le corps, les émotions et l’esprit sont alignés et harmonieux.

Vous n’êtes plus seulement l’histoire de votre naissance : vous devenez l’auteur de votre propre élan de vie.

->Pour les adultes : prendre conscience du contexte complet de votre naissance, c’est-à-dire l’aspect médical de l’accouchement mais aussi les émotions de votre maman pendant cet évènement, afin de mieux comprendre vos fonctionnements. Imprégniez-vous de ce nouveau mantra et transformer votre empreinte de naissance en force grâce à cette phrase.

-> Pour vos enfants : Racontez leur l’histoire de leur naissance ! Avec un vocabulaire adapté, n’hésitez pas à parler de vos émotions (et à les montrer si elles sont toujours présente), expliquez-leur ce qu’il s’est joué ce jour-là, pourquoi leur naissance à pris telle ou telle tournure. Rassurez-les, répétez-leur ce mantra, l’enjeu est simplement de rétablir la sécurité intérieure.

Marine Beausoleil – kinésiologue & psychogénéalogiste (77 & 91)

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